Conférences et Thèses

Photo provenant du site internet : france3-regions.francetvinfo.fr

COMMENT DEVIENT-ON L’HOMME DU 18 JUIN ?

Conférence de Mme NEAU DUFOUR du 17 juin 2018 au MM PARK

L’homme du 18 juin, surnom souvent donné à De Gaulle est un sujet polémique.

Le 17 juin 1940, De Gaulle prend l’avion à Bordeaux pour Londres rencontrer Churchill. Le 18 juin, il rédige en présence d’Elizabeth de Méribel sa secrétaire et de Geoffroy de Courcel son officier d’ordonnance un appel très militaire. « La France n’est pas seule », elle peut compter sur son empire, ses colonies, les Alliés, les USA : c’est une guerre mondiale. Il analyse la cause de la défaite: la force mécanique supérieure de l’ennemi. Il invite les officiers, sous-officiers, techniciens à venir le rejoindre et conclut « quoiqu’il arrive la flamme de la Résistance ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » Cet appel personnel du général de Gaulle est un acte de désobéissance dont on connaît les conséquences, mais comment en est-il arrivé là ?

I) Par son éducation : son père, Henri De Gaulle, professeur d’histoire, lui inculque l’histoire de France. Henri a participé à la guerre franco-prussienne de 1870/71. Il est hostile à l’armistice, tout comme son frère Charles qui constate furieux que : « la lutte militaire est impossible ». De Gaulle est l’héritier de cette colère impuissante. Il visite les champs de bataille de la guerre de 70 et en 1908 fait un voyage en Allemagne où il parle avec des survivants de cette guerre et est frappé par un vétéran, fier d’avoir participé au siège et au bombardement de Strasbourg.
Il choisit la carrière militaire, se présente à Saint Cyr, car son père lui donne une vision longue de l’histoire de France de l’Ancien régime à la Révolution, de la Monarchie à la République. Il en conclut que la guerre est l’élément moteur de l’histoire : « La France fut faite à coups d’épée ». Lui même publiera un livre « Le fil de l’épée ». Au Bourget, en souvenir de la guerre de 1870/71, le monument de l’épée brisée, porte cette inscription : « Ils sont morts pour défendre la patrie. L’épée brisée dans leurs vaillantes mains sera forgée à nouveau par leurs descendants ». En 1916, il écrit « si l’épée de la France a sa lame bien trempée, sa poignée est faible. »

II) Par son expérience personnelle : il combat dans les tranchées lors de la première guerre mondiale. Son bataillon se trouve à Douaumont au début de la bataille de Verdun en 1916. Blessé par une baïonnette, ayant perdu connaissance, il est porté disparu. En fait de mars 1916 à novembre 1918 il sera prisonnier en Allemagne. Il écrit à sa mère : « Je pleure cette odieuse captivité ». Il est frustré d’être empêché de combattre et tentera cinq évasions mais sera repris cinq fois. Lors de sa captivité il réfléchit, comme l’attestent ses carnets à la doctrine militaire et en tire trois leçons :
1) il faut s’adapter aux circonstance : en 1917, il dénonce l’esprit polytechnique
2) il faut un chef qui a de l’autorité, une aura : il fait souvent allusion à Napoléon. (à 26 ans il fait preuve d’une grande maturité). Ce chef doit être un homme de caractère, doit savoir se dominer soi-même dans la tenue, la conversation. Il doit parler peu, mais laisser beaucoup de place à la réflexion.
3) il faut un esprit exceptionnel, rare pour gagner une guerre, or la faveur du grand nombre va vers les médiocres. Un vrai chef doit avoir du pouvoir (cf. président de la V° République).

III) Par sa réflexion : De Gaulle écrit en 1924 « La discorde chez l’ennemi ». Dans cet ouvrage il pose cette question : pourquoi la puissante Allemagne a-t-elle perdu la première guerre mondiale ? Sa réponse : à cause de ses divisions ; l’unité est donc nécessaire pour vaincre. La stupeur morale qui saisit la société allemande lors de l’été 1918 est la cause essentielle de l’effondrement allemand. Il fait un parallèle avec la situation de la France en mai juin 1940 : défaite militaire et exode civil.
Dans une émission de radio le 21 mai 1940 « le quart d’heure du soldat ». De Gaulle insiste sur le rôle des chars, des blindés qui ne doivent pas simplement accompagner l’infanterie, mais la précéder dans l’offensive, lui dégager le terrain comme lui-même les a utilisés à Montcornet, prés d’Abbeville. L’engin mécanique est essentiel : notre victoire sera due aux divisions cuirassées et aux avions.
De Gaulle a d’emblée une vision globale, internationale du conflit, du rôle de l’Outre Mer.

IV) Par ses capacités : en juin 1940, De Gaulle est quasi inconnu, sous-secrétaire d’état à la défense nationale dans le gouvernement Reynaud, il a déjà rencontré quatre fois Churchill et lui a demandé après Dunkerque de remettre des divisions anglaises en France. Le 16 juin, il propose une union franco-britannique, mais Reynaud démissionne et Pétain le remplace comme chef du gouvernement. Le 17 juin De Gaulle part à Londres et demande à Churchill de l’autoriser à lancer son appel sur les ondes de la BBC. Malgré l’hostilité du gouvernement britannique qui ne veut pas contrer le gouvernement Pétain, Churchill donne son accord.

V) Par son courage physique, son caractère, sa trempe : en 1914, comme combattant, les obus tombent, ses camarades se couchent. Il reste debout, il n’a pas peur du danger. Un de ses professeurs avait mis cette remarque : « montre toute la vanité d’un roi en exil. » Il est tenace, ne renonce jamais : il tente de s’évader 5 fois entre 1916 et 1918. Le 18 juin c’est un homme seul, sans hommes, sans argent. Très peu de gens entendront son appel, même sa propre mère alors en Bretagne.

Conclusion : cet appel du 18 juin est un événement improbable, rendu possible grâce à l’aide de Churchill. Aujourd’hui c’est une journée nationale, qui nous rappelle que le 18 juin 1940 fut à l’origine de la France Libre qui rassembla des gens de tous les milieux , sociaux, politiques, religieux et aboutit le 25 août 1944 à la formation du gouvernement provisoire. De Gaulle est devenu Le Rebelle. « Il faut gagner les sommets et n’en descendre jamais plus. » Il sera également un recours en 1958.
Pierre Brossolette dira le 22 septembre 1942 à La BBC : l’appel du 18 juin : « ce texte qui nous a sauvés de l’abîme. » Le 18 juin 1943 : « c’est le jour où la France qui est sortie de l’histoire par la trahison, y est entrée par l’épopée. »

Le Docteur Louis Hickel

Récit d’un fils de résistant déporté évoquant le parcours de son père, le Docteur Louis HICKEL

Le 13 juin dernier s’est déroulée, au château de Dorlisheim, une conférence sur le parcours du Docteur Louis HICKEL, Résistant et déporté alsacien, né le 12 octobre 1920 à Reichshoffen
A l’invitation de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Molsheim et environs, son fils le Docteur Jean Hickel y a exposé l’histoire de son père, un homme qui au nom de ses convictions, a choisi dès la première heure, de dire non à l’occupant et de s’engager dans la résistance alsacienne.
Pendant cette intervention, il évoquera en premier lieu, son enfance à Reichshoffen, terreau favorable de son engagement dans la Résistance.
Dès 1940, jeune étudiant en médecine, Louis Hickel avec son père Alphonse, sa sœur Marie-Thérèse suivi d’une trentaine d’autres alsaciens patriotes natifs de Reichshoffen et environs formèrent un réseau spécialisé dans l’évasion des prisonniers de guerre français, évadés des stalags en Allemagne…Cette filière que l’on nommera par la suite : Filière de Reichshoffen.
A Nancy, en parallèle de ses fonctions hospitalières dans les différents services de la ville, il accueille, nourrit et loge dans sa chambre du foyer d’étudiant catholique (GEC) ces évadés puis les accompagne en train à la gare de Besançon-Viotte, au café de Lyon « Chez Louis » rue de Belfort et également vers Bar-le-Duc.
Par cette mission périlleuse, il assure la mise en place de ce que le Président du Tribunal spécial allemand lors du procès de 1944, décrivit comme une « Heerstrasse » véritable route de l’évasion.

Cette organisation permettra à 3000 évadés de retrouver le chemin de la liberté.
Puis, son fils évoquera son arrestation en mars 1943 par la Gestapo, son internement à Compiègne et son départ pour le camp de concentration de Dachau le 2 juillet 1944 dans « le train de la mort. », convoi qui se transformera rapidement comme l’écrira le rescapé Pierre Kahn Farelle en « un fourgon de la folie et de la mort ».
Enfin, Jean Hickel décrira l’internement de son père dans le camp de concentration de Dachau où il arrive le 05 juillet 1944. Il sera affecté au Revier (infirmerie) et y soignera ses compagnons d’infortune dans des conditions sordides et inhumaines.
Il rappellera aussi, avec une vive émotion, ses rencontres qui permettront à son père de préserver certaines valeurs humaines telles la fraternité, la solidarité et le courage de se battre pour la vie : celles de Mgr Piguet évêque de Clermont Ferrand, du Général Delestraint NN, premier chef de l’armée secrète et surtout celle d’Edmond Michelet, futur ministre du Général de Gaulle sous la Vème République.

A la libération du Camp, dans le cadre de la Mission Vaticane, Louis Hickel, se portera volontaire pour soigner les déportés français atteints du typhus et assurera l’évacuation des grands malades.

En juin 1945, il quittera le camp de Dachau pour rejoindre l’Alsace, puis Nancy où il reprendra ses études à la Faculté de médecine.
Il s’installera à Molsheim où il exercera la profession de médecin et embrassera une carrière politique, fidèle au Général de Gaulle, apportant bienveillance, force et compassion à chaque personne qui le sollicitera.

La remise de La Croix de guerre avec étoile d’argent par le Maréchal Juin le 21 septembre 1952 à la ville de Reichshoffen. Le père de Jean Hickel, Louis Hickel et son grand-père Alphonse Hickel sont présents sur cette photo.

Rencontre au Mont Saint Odile le 9 juin 2018

Dans le cadre de la célébration du millénaire du Mont Sainte Odile, l’abbé Patrick Koehler, recteur de ce haut lieu spirituel, a choisi de consacrer une après-midi à la Résistance des Alsaciens. Il rappelle que la grandeur de la France s’est construite sur le sacrifice d’hommes et de femmes prêts à donner leur peau pour leur patrie, à la fois mère et père (Vaterland en allemand). En Alsace où la conscience nationale est plus forte qu’ailleurs, sur tout le territoire des gens n’avaient qu’une hâte : sauver la France afin qu’elle retrouve grandeur, liberté et fraternité.

Vous pouvez télécharger le compte-rendu de la conférence en cliquant sur ce lien :

Etat de la FRANCE en juin 1940 - AERIA

La ville de Saint-Dié-des-Vosges dans la Résistance alsacienne

Article issu d’une conférence présentée lors des Journées d’Histoire régionales les 5 et 6 mai 2018 à Saint-Dié-des-Vosges.

En mai-juin 1940, la France perd une bataille contre l’Allemagne nazie. A l’issue de cette défaite terrible, la France est littéralement « dépecée ». L’Alsace et le département de la Moselle sont annexés de fait par le IIIème Reich. De l’autre côté des Vosges, le département du même nom est déclaré zone réservée. Inclus dans un espace beaucoup plus grand, ces territoires du Nord-Est sont destinés à être peuplés par des Allemands afin de constituer des « Etats-tampons » entre l’Allemagne nazie et la France de Vichy.

L’Alsace est l’objet d’une annexion particulièrement violente même si nulle mention n’en est fait dans la convention d’armistice. Tous les Alsaciens soupçonnés de ne pas entrer dans le moule nazi sont arrêtés, internés, expulsés ou déportés. Les nazis coupent ainsi la tête à une future résistance. Ils soumettent le territoire à une germanisation intensive puis à une nazification brutale. Les Alsaciens doivent notamment porter un nom allemand, bannir la langue française et parler allemand mais aussi adhérer à des organismes nazis. Cette mise en coupe réglée de la société alsacienne engendre très rapidement l’opposition de nombreux jeunes qui refusent toutes ces contraintes.

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La Résistance Chrétienne, le 14 mars 2018

Ce mercredi 14 mars 2018 des jeunes de la paroisse St. Benoît de Hautepierre se réunissent pour évoquer l’engagement des chrétiens dans la Résistance. Ils regardent d’abord un film :« Pierre Chaillet. Le Jésuite de la Résistance. » Ce professeur de théologie à Lyon a compris, suite à un séjour en Hongrie en 1939, l’opposition absolue entre la croix gammée et la croix du Christ. Alors qu’une bonne partie du clergé français soutient le Maréchal Pétain et le régime de Vichy, lui rassemble des intellectuels catholiques et protestants et fonde une revue imprimée et distribuée dans la clandestinité : Témoignage chrétien. Son nom est son programme, sa devise « France prends garde de perdre ton âme ».

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